Priming dose

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La technique de la priming-dose (dite dose de précurarisation) a été proposée dès 1984 [22]. Cette technique n’est qu’une application clinique de la théorie dite de la marge de sécurité de la transmission neuromusculaire décrite par Paton en 1967 [23]. Cette technique consiste à administrer une faible dose de curare non-dépolarisant (en règle 1/10 de la dose d’intubation), puis trois à quatre minutes plus tard une dose dite d’intubation (soit les 9/10 restants, soit une dose complète). La première dose, théoriquement non curarisante, a pour but de saturer entre 50 à 75 % les récepteurs post-synaptiques, préparant ainsi l’effet curarisant de la deuxième dose. Ainsi, le délai d’action de la deuxième se trouve raccourci, l’installation d’une curarisation complète devant avoir lieu une minute après l’injection de cette dernière dose. Intéressante sur le plan théorique, cette technique n’est pas dénuée de risque et son efficacité est loin d’être absolue. En effet, l’effet de la première dose est variable d’un patient à l’autre, du fait de la grande variabilité interindividuelle à l’effet des curares. Deux situations peuvent se présenter : soit le patient est sensible aux curares, alors la première dose entraînera des effets curarisants, le patient n’étant pas encore endormi. Dans cette situation, l’induction anesthésique devra être complétée sans délai, le bloc complet étant obtenu moins de une minute après l’injection de la deuxième dose. Plus sournoise est l’autre situation, où le patient est résistant à l’effet des curares. Dans ce cas, l’objectif de la première dose n’est pas atteint. Le patient ne présente aucun signe de curarisation, but initialement recherché. Mais la plaque motrice étant insuffisamment préparée, la curarisation complète ne sera pas atteinte dans la minute suivant l’injection de la dose dite d’intubation, avec les difficultés d’intubation qui en découlent. A priori, il est impossible, même pour un clinicien averti, de prédire si un patient sera sensible ou résistant à l’effet des curares. Donc l’efficacité de la technique est aléatoire et ne peut donc être retenue.

http://jpmiss2.free.fr/Divers/SFAR_2006/ca99/html/ca99_07/99_07.htm

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