Elle a arrêté ses études en médecine pour vivre sa passion, la pâtisserie

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Majorie Biaud, une jeune de 23 ans, a eu le courage d’arrêter ses études en médecine pour vivre sa passion, la pâtisserie! Oui ce n’est pas une blague! Majorie est issue d’une famille de pharmaciens et de médecins, de ce fait, après le bac, sans beaucoup hésiter, elle a entrepris des études de médecine. Dans ce qui suit, elle vous dévoile toute la vérité.

Marjorie a eu le courage de changer de voie pour vivre sa passion @DR

« J’avais toujours dit que je ne ferais pas médecine après le lycée, mais une fois en terminale, je n’avais aucune idée précise de ce que je voulais faire de ma vie. Alors j’ai quand même décidé de m’inscrire en médecine, par défaut, ma famille étant dans le milieu. Je suis donc partie en faculté à Dijon.

Mes premières années de médecine n’ont pas été faciles. Je quittais le cocon familial et, pour la première fois, être bonne élève ne suffisait plus. Malgré des heures et des heures de travail, énormément de pression et beaucoup de sacrifices, je ne faisais pas partie des meilleures. Cela a blessé mon ego : j’avais totalement perdu confiance en moi. Je me demandais si ces études étaient faites pour moi, je plaisantais souvent auprès de mes amis en leur disant que si j’échouais, j’ouvrirais un salon de thé. Inconsciemment, je savais que ma voie était là.

J’ai petit à petit commencé à réaliser que je ne me sentais pas à ma place. J’ai fait part de mes doutes à mes parents. Tous deux ont insisté pour que je continue, en me vantant les mérites de l’externat où il y a plus de pratiques puisque l’on alterne entre les cours et les stages à l’hôpital.

Ma mère comprenait ma situation, à l’inverse de mon père. Ne pas avoir de projets alternatifs à la médecine l’inquiétait beaucoup. Je me suis retrouvée aspirée dans la spirale infernale du travail, ne réfléchissant plus aux doutes qui m’avaient parcouru.

Les deux mains dans la farine

Les cours me stressaient énormément. Le seul moyen d’évacuer la pression était la pâtisserie : pains, gâteaux, nouvelles recettes. Je ne me sentais bien que lorsque j’avais les deux mains dans la farine. J’ai commencé à doucement décrocher des cours, cela ne m’intéressait plus, je n’avais plus la motivation ni la force de continuer quelque chose qui ne me rendait pas heureuse.

J’ai longuement discuté avec ma famille, surtout avec ma mère. Elle m’a énormément soutenue et guidée dans mes réflexions. Mon père était soucieux, mais il voulait que je sois heureuse. Au mois de janvier dernier, j’ai définitivement arrêté la médecine. J’étais nerveuse mais soulagée. Un énorme poids s’était envolé. J’étais enfin libre.

J’ai commencé à monter mon dossier de candidature pour un CAP pâtissier. J’ai postulé dans plusieurs écoles à Paris, mais aussi à Rouen, à l’Institut national de boulangerie et pâtisserie.

En attendant les résultats, j’ai eu la chance de faire un stage chez Pierre Hubert, un grand pâtissier dijonnais. Le niveau d’exigence était élevé, ce qui fut très formateur. Cela n’a fait que confirmer mon choix. Je suis beaucoup allée à Paris et Rouen pour enchaîner les entretiens professionnels afin de trouver un futur employeur. Les résultats sont finalement tombés, j’étais acceptée à l’INBP de Rouen, là où j’avais trouvé un maître d’apprentissage, une pâtissière formidable, pédagogue et humaine. Tout allait bien, c’était un nouveau départ.

Aujourd’hui, je suis en stage dans une autre pâtisserie de Dijon, j’attends la rentrée avec impatience. Ma famille se réjouit pour moi. Elle est surtout très contente de pouvoir goûter tout ce que je cuisine. J’adore faire des muffins, des cookies. Tous ces petits gâteaux simples que je peux emmener partout et faire partager. J’apprécie également le travail de décoration, cela demande beaucoup de minutie et un sens artistique.

J’aimerais beaucoup faire une formation à l’étranger, et à terme ouvrir ma propre pâtisserie. Cela me fait bizarre de me dire que j’ai tout arrêté, que je vais quitter Dijon pour Rouen. Je ne me rends certainement pas compte de tout, mais j’avais besoin de ce changement. Se sentir à sa place, cela n’a pas de prix.« 

Propos recueillis par Pauline Fleury, étudiante en première année à l’IEJ (Institut européen de journalisme).

Source: LesEchos.fr

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