Importance de l’activité physique chez l’enfant

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La recrudescence spectaculaire de l’obésité chez les jeunes pourrait être expliquée par l’un des facteurs qui influent sur la dépense énergétique, soit le niveau de l’activité physique. Le changement des habitudes de l’activité physique chez les jeunes se manifeste en général par la diminution de l’exercice physique, l’augmentation des heures passées à regarder la télévision, à utiliser les consoles des jeux vidéo et internet.

Selon l’OMS, l’activité physique est définie comme tout mouvement corporel, produit par les muscles squelettiques, et qui requiert une dépense d’énergie. Partout dans le monde, la sédentarité est en progression (OMS 2010). Elle est généralement estimée par le temps passé devant la télévision, les jeux vidéo et l’ordinateur.

L’obésité infantile est significativement associée à l’accroissement de la sédentarité liée au changement des modes de vie et au développement de nouvelles technologies. D’ailleurs, elle est considérée comme étant le quatrième facteur de risque de mortalité globale et 6 % des décès sont attribuables à l’inactivité physique. Cependant, l’augmentation des niveaux de l’activité physique s’avère bénéfique pour la santé quelque soit l’âge (OMS 2010). Une activité physique limitée et plus encore le temps passé devant un écran, agissent directement sur la prise de poids. Cette notion est particulièrement importante chez les enfants et fait partie des explications sur la fréquence de plus en plus élevée de l’obésité infantile.

La pratique du sport est un élément essentiel qui aide à la croissance et au développement des enfants. Effectivement, les exercices physiques aident à prévenir plusieurs maladies telles que l’obésité, le diabète et l’hypertension, et offrent aux enfants une opportunité pour les loisirs, l’intégration sociale et le développement de leurs aptitudes, ce qui améliore l’estime de soi chez eux.

Plusieurs études ont mis en évidence l’existence d’un manque d’activité physique chez une grande majorité des enfants obèses, associé à un déséquilibre qualitatif et quantitatif du régime alimentaire.

Un suivi d’enfants de 4 ans en France a montré qu’une activité physique régulière et suffisante avait un effet protecteur contre le gain du poids pendant l’enfance et l’adolescence.

D’après les chercheurs, les enfants obèses comparés aux normopondéraux, présentaient un nombre de séances d’activité physique significativement faible. D’autre part, la pratique régulière d’une activité physique est inversement associée à la localisation abdominale de la graisse. La variation de la pratique d’activités physiques dépend de l’âge et du sexe. L’énergie dépensée lors de la pratique d’une activité physique, augmente depuis la naissance jusqu’à l’âge de 6 ans. Ensuite elle se stabilise puis diminue à partir de la puberté. De manière générale, il s’avère que les filles sont plus sédentaires que les garçons, et que la chute de l’activité physique avec l’âge commence plus tôt chez elles.

Des études sur la relation entre les comportements sédentaires et la prise du poids ont révélé que regarder la télévision est l’activité sédentaire la plus à risque. Autrement dit, le temps passé devant la télévision est une mesure efficace et simple pour évaluer le niveau de sédentarité des enfants. Il a été même mis en évidence qu’il existe une corrélation positive entre la prévalence de l’obésité et le nombre d’heures passés devant la télévision.

Les données découlant d’une étude effectuée au Canada montraient qu’une activité physique de faible intensité et moins fréquente, ainsi qu’un large temps passé devant la télévision étaient bien corrélés à un risque élevé de surpoids chez des élèves âgés de 11,5 à 15,5 ans. En effet, 34,6 % des garçons qui passaient la plupart de leur temps à regarder de la télévision, souffraient de l’obésité contre 18,6 % de ceux ne regardant que rarement la télévision et qui étaient obèses. Même résultats ont été notés chez les filles.

Plusieurs chercheurs rapportaient que les enfants consommaient des aliments à haute densité calorique et de faible qualité nutritionnelle en regardant la télévision et sont influencés par les messages publicitaires les encourageant à manger ces produits. En outre, les enfants qui ont des télévisions dans leurs chambres, sont également plus susceptibles de prendre du poids que les enfants qui n’en ont pas.

D’autre part, le profil des activités physiques des enfants est largement influencé par celui de leurs parents. En effet, les parents qui pratiquent une activité physique ont plus de chance d’avoir des enfants qui sont physiquement actifs que des parents sédentaires.

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