Seulement 10% des capacités cérébrales sont exploitées: une légende urbaine qui a la vie dure

154

« L’être humain n’utilise que 10% de ses capacités cérébrales ». Un mythe à la peau dure! Une idée qui nous pousse à sous-exploiter de façon dramatique le mystère de nos capacités intellectuelles.

Les neurobiologistes affirment que cette croyance date d’une antiquité et qu’elle n’est sans fondement ni réalité. En effet, elle remonte au début du siècle dernier. 20 minutes avait interrogé la neurobiologiste Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur à ce propos « C’est n’importe quoi. Ça fait partie des idées reçues sur le cerveau ».

Sommes-nous tous des génies en puissance qui s’ignorent?

La neuroscience est en constante évolution grâce aux études réalisées sur des candidats présentant des lésions cérébrales, y compris les blessés des guerres. Les chercheurs estiment que des lésions de certaines zones du cerveau engendrent l’handicap de différentes fonctions, à savoir la vision, la sensation et la motricité.

Par contre, lorsqu’il s’agit de lésions au niveau de la partie frontale du cerveau, les répercussions ne sont pas majeures. Les patients peuvent marcher et parler sans aucun problème. On pensait alors évidemment que ces zones du cerveau ne sont pas utilisées.

La complexité du cerveau fait de lui un sujet de débat scientifique sans frontières. Cet organe mystérieux est constitué de 100 milliards de neurones. Chaque neurone est connecté à 10000 autres. En raison de sa complexité, il y a autant de fantasmes autour de lui. A l’époque, la recherche médicale n’était pas aussi avancée pour que les chercheurs puissent effectuer des tests afin d’explorer l’activité des zones frontales.

La preuve: IRM

En utilisant la technique d’imagerie par résonance magnétique ou IRM, les chercheurs ont noté que toutes les zones du cerveau sont en alerte. Il n’existe pas de région cérébrale endormie ou non utilisée. En effet, toutes les zones ne jouent pas un rôle majeur. Mais d’une façon ou d’une autre, toutes les zones sont impliquées dans la réalisation de capacités essentielles. D’ailleurs, certaines zones que l’on estimait endormies, servent pour soutenir d’autres régions. Les connexions neuronales au niveau de la zone frontale par exemple, sont indispensables pour faire la synthèse entre réalité et souvenirs, et planifier les actions dans l’avenir. Cependant, tout notre cerveau n’est pas actif tout le temps.

Notion d’activation partielle

En focalisant sur son fonctionnement, les chercheurs ont noté que cet organe fonctionne suivant la notion d’activation partielle. En fait, à un moment donné, seulement une partie des neurones est activée afin de transmettre les signaux. De ce fait, certaines régions sont plus actives que d’autres, ce qui permet un fonctionnement optimal tout en réduisant le niveau de dépense énergétique. Au vu de l’énergie disponible, le cerveau ne peut alors activer qu’entre 1 et 16 % de neurones dans une région bien déterminée et à un moment donné. Ceci montre pourquoi le cerveau humain opère inconsciemment de nombreuses opérations et pourquoi il est difficile d’être multitâches. Par conséquent, le cerveau serait alors plutôt occupé, et non utilisé à 10%.

Laissez un commentaire