L’anesthésie d’un hypertendu: précautions et traitement

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L’anesthésie d’un patient soufrant d’une hypertension artérielle n’est pas aussi anodine qu’on le croit. Le but c’est de veiller à ce que la pression artérielle soit maintenue stable. Il est aussi important d’éviter la survenue d’épisodes d’hypotension, étant donné que l’importance de cette hypotension présente un facteur prédicteur de complications cardio- et cérébro-vasculaires.

Chez les hypertendus sévères, une variation de plus de 20% de la PAM prédit une augmentation des complications postopératoires.  Qu’il soit traité ou non, l’hypertendu reste toujours à risque de développer des fluctuations tensionnelles plus amples et plus rapides en peropératoire.

 Ces fluctuations sont dues à plusieurs raisons:

  • insuffisance diastolique;
  • prise de médicament qui bloque les régulations autonomes;
  • Volume circulant contracté;
  • réseau vasculaire peu compliant;
  • Dysrégulation idiopathique de la pression artérielle.

Quand le système sympathique est bloqué par le médicament, la pression artérielle devient alors dépendante du volume circulant. Chez un patient hypertendu, les séquences de stimulation sympathique qui surviennent au cours de l’intervention sont souvent entraînées par un échappement tensionnel vers le haut, ce qui peut engendrer une hémorragie intracrânienne, des arythmies ou une décompensation gauche. Pour ceci, il faut éviter un dépassement de plus de 20% de la PAM de base et corriger tout de suite toute fluctuation significative.

Gestion des antihypertenseurs

  • Les β-bloquants, inhibiteurs calciques: poursuivre le taitement avant l’intervention
  • IEC ET ANTAGONISTES, diurétiques: interrompre avant l’intervention

Conduite à tenir en cas d’une hypertension peropératoire

En peropératoire, l’augmentation de la pression artérielle peut se manifester sous plusieurs aspects. La première mesure est d’approfondir l’anesthésie et d’assurer une analgésie adéquate. Le moyen le plus efficace et rapide qui permet de rétablir une valeur de pression artérielle acceptable est d’administrer un vasopresseur d’une façon titrée, qui permet d’attendre le traitement de la cause (anesthésie trop profonde, hypovolémie).

L’efficacité de l’administration intraveineuse de l’éphédrine a été largement prouvée. En cas de coronaropathie associée, la phényléphrine demeure la meilleure solution pour contrôler l’hypotension. Contrairement à la noradrénaline, la phényléphrine engendre une altération transitoire des fonctions systolique et diastolique ventriculaires.

En cas de dysfonction diastolique sévère, la correction d’une hypovolémie devra se faire par paliers et avec des réévaluations successives, pour éviter la survenue d’un œdème pulmonaire.

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