Quels sont les facteurs de risque du bronchospasme en peropératoire?

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Le bronchospasme peropératoire est la complication la plus redoutée en anesthésie. Elle est tellement grave qu’elle engage sérieusement le pronostic vital. Sa résolution dépend fermement de la rapidité du diagnostic et la prise en charge.

Le bronchospasme est défini par la diminution de la lumière bronchique résultant d’une constriction musculaire et/ou un œdème pariétal. La survenue de cet incident est souvent lié à une hyper-réactivité bronchique.

Epidémiologie du bronchospasme

Selon la littérature, l’incidence du bronchospasme est variable mais reste toujours faible. Elle est plus élevée chez les jeunes (0,77 % chez les nourrissons, 0,41 % chez les enfants jusqu’à 9 ans). Elle augmente avec le score ASA indépendamment de la classe d’âge.

Facteurs de risque

Les sujets ayant présenté des infarctus du myocarde ou de bronchopneumopathies chroniques ou ayant pris récemment des corticoïdes, semblent être plus à risque de développer un bronchospasme au cours d’une anesthésie.

De même, la cardiopathie, l’infection respiratoire et la bronchite chronique sont des facteurs de risque du bronchospasme.

Physiopathologie

Le bronchospasme est le résultat du rétrécissement du calibre des bronches causé par différents facteurs physiologiques, anesthésiques ou liés au terrain. Ces facteurs interagissent et le processus du bronchospasme peropératoire devient alors multifactoriel.

Le tonus bronchomoteur

La modification rapide du diamètre des bronches au cours d’une anesthésie est liée notamment à la contraction du muscle lisse bronchique. Au fait, le nombre de fibres musculaires diminue des alvéoles à la trachée, de façon inversement proportionnelle au calibre de la bronche et à la densité cartilagineuse. Physiologiquement parlant, il existe un degré de constriction qui assure le maintien des bronches terminales qui ont tendance au collapsus lorsque le volume pulmonaire est bas, en raison de la raréfaction des structures cartilagineuses.

Le tonus bronchomoteur est régit par plusieurs facteurs nerveux (systèmes sympathique et parasympathique) et hormonaux (Système non adrénergique non cholinergique ou NANC).

Facteurs liés à l’anesthésie

Profondeur inadéquate de l’anesthésie:

Le chatouillement du larynx ou de la trachée peut intensifier les résistances pulmonaires et engendrer un bronchospasme par l’intermédiaire de boucles de réflexes. De nombreux travaux cliniques ont révélé que l’amplitude de la réponse dépend largement de la profondeur de l’anesthésie [1,2].

En plus de la stimulation liée directement à l’anesthésie, qu’elle soit mécanique (laryngoscopie, sonde d’intubation) ou chimique (gaz respiratoires secs et froids), la stimulation nociceptive chirurgicale peut aussi induire une réponse réflexe, cardiovasculaire, motrice ou respiratoire, de type bronchospastique.

Afin de prévenir cet incident, il faut que la profondeur de l’anesthésie soit adéquate à l’acte chirurgicale. Une anesthésie allégée est l’une des causes les plus fréquentes de bronchospasme en peropératoire.

Face à un spasme bronchique, il faut absolument approfondir l’anesthésie, dans le but de rompre un arc de réflexe mal inhibé.

Anesthésiques intraveineux

Dernièrement, des recherches ont pu mettre en évidence que l’action bronchoprotectrice du propofol et de la kétamine dépendait largement de la dose et elle est médiée par voie nerveuse. L’effet direct sur la fibre musculaire lisse n’était significatif que pour des concentrations supérieures aux concentrations cliniques.

Agents halogénés

Les halogénés réduisent le tonus bronchoconstricteur basal. Au fait, les halogénés inhibent d’une part la transmission de l’influx vagal au niveau de la fibre post-ganglionnaire, et d’autre part, ils possèdent un effet relaxant direct sur le muscle lisse bronchique. A concentration équipotente et supérieure à 1 CAM, on trouve que les propriétés bronchodilatatrices de l’halothane, l’enflurane, l’isoflurane et le sévoflurane sont comparables.

L’hyperréactivité bronchique

C’est un état caractérisé par une sensibilité exagérée aux divers stimuli, qui peut faire surface de manière paroxystique par un bronchospasme. les personnes à risques sont principalement les asthmatiques, les tabagiques et les patients présentant des cardiopathies ou des infections des voies aériennes supérieures.

Comment faire le diagnostic du bronchospasme et comment le traiter?


Références

Nishino T, Hiraga K, Yokokawa N. Laryngeal and respiratory responses to tracheal irritation at different depths of enflurane anesthesia in humans. Anesthesiology 1990 ; 73 : 46-51.

Nishino T, Tagaito Y, Isono S. Cough and other reflexes on irritation of airway mucosa in man. Pulm Pharmacol 1996 ; 9 : 285-92.

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