ADN, l’avenir du stockage numérique

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Récemment, un bio-ingénieur et un généticien de l’Institut Wyss de Harvard ont stocké avec succès 5,5 pétaoctets de données (environ 700 téraoctets) dans un seul gramme d’ADN,  pulvérisant ainsi le record de densité de données d’ADN précédent, par un millier de fois.

Le travail, réalisé par George Church et Sri Kosuri, traite essentiellement de l’ADN comme une alternative au stockage numérique. Au lieu que les données binaires soient  codées sous forme de régions magnétiques sur un disque dur plat, des brins d’ADN sont synthétisés pouvant stocker 96 bits. Chacune des bases nucléotidiques (TGAC) représente une valeur binaire (T et G = 1, A et C = 0).

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Un simple séquençage de l’ADN suivi d’une conversion de chaque base permet de retrouver le code binaire qui permettra de lire les données stockées.

Les scientifiques considèrent l’ADN comme un moyen de stockage potentiel pour une longue période, pour trois bonnes raisons:

  • Il est incroyablement dense, vous pouvez stocker un bit par base, et une base est à seulement quelques atomes de grandeur
  • Il est volumétrique
  • Il est incroyablement stable : l’ADN peut survivre pendant des centaines de milliers d’années dans une boîte tout simplement.

Dans l’avenir proche, les chercheurs prévoient un monde où le stockage biologique permettra d’enregistrer et de stocker dans les molécules d’ADN tout sans réserve. En 2011, le fameux discours de Martin Luther King J’ai fait un rêve en MP3, ainsi qu’un fichier texte des sonnets de Shakespeare ont été stockés avec succès. Un chercheur a estimé que la sauvegarde de la totalité des données mondiales enregistrées en 2011sera de 1,8 zettaoctet, dans seulement quelques grammes d’ADN ! Ceci rend la sauvegarde l’ensemble de la connaissance humaine (chaque livre, mot prononcé, et vidéo et etc.) possible dans une centaine de kilos d’ADN, comparé aux anciennes méthodes qui pour la même quantité auraient demandé des centaines de hangars remplies de disques magnétiques. Il est également intéressant de noter qu’il est possible de stocker des données dans l’ADN des cellules vivantes  mais seulement pendant une courte période. Le stockage des données dans la peau serait une excellente façon de transférer des données en toute sécurité.

A ce niveau-là, une question se pose « Est-il simplement légal de faire cette opération ?   L’importance d’une ingénierie tenant compte du respect de la vie privée». Dernièrement, à la date du 11 septembre 2015, la commission européenne a œuvré dans ce sens et avec le contrôleur européen de la protection des données ont émis un avis sous le nom de « Vers une nouvelle éthique numérique Données, dignité et technologie » afin de fournir un cadre pour une discussion plus large et plus approfondie sur la manière dont l’UE  peut assurer l’intégrité des valeurs de la dignité tout en bénéficiant pleinement des avantages des nouvelles technologies.

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