Etude comparative entre le sévoflurane et l’isoflurane en chirurgie cardiaque

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Presque tout le monde est convaincu par le fait que le sévoflurane est beaucoup mieux que l’isoflurane notamment en chirurgie cardiaque. D’ailleurs c’est ce qu’on a appris à coup de marteau lorsqu’on était étudiant. Et bien, une étude canadienne qui a été publiée sur le site Anesthesiology News vient d’infirmer ces dires.

« Beaucoup de chercheurs dans le domaine de l’anesthésie se sont concentrées sur la recherce de nouveaux médicaments, de nouveaux appareils, de nouvelles interventions » a déclaré Philip M. Jones, MD, professeur en anesthésiologie à l’Université de Western Ontario à London.

En cardiologie, on n’utilise que l’isoflurane ou le sévoflurane, pour l’entretien. Ce choix est bien justifié vu que la précarité des patients avec des cardiopathies exige une stabilité hémodynamique peropératoire qui prime sur les considérations postopératoires.

Cependant, dans la littérature, il y a un maque marqué de données entre ces deux halogénés. Pour ceci, un groupe de chercheurs a décidé de lever cette ambiguïté et de mener un essai comparatif en utilisant une conception pragmatique. Cette comparaison repose sur la différence de prix entre les deux produits. « S’il n’y a pas de supériorité de l’un sur l’autre, nous devrions utiliser le moins cher. Si elles sont différentes, nous devrions utiliser le meilleur. » explique Dr Jones.
Pour ceci, le Dr Jones et ses collègues ont inscrit 464 adultes subissant une chirurgie cardiaque dans le procès et les patients ont été affectés au hasard à l’entretien d’anesthésie soit avec le sévoflurane (n = 231) ou de l’isoflurane (n = 233). Chacun de ces produit étant administré à une dose de 0,5 à 2,0 (CAM) pendant toute l’opération. Le principal résultat de l’essai est un composé d’une durée de séjour en unité de soins intensifs d’au moins 48 heures ou de la mortalité dans les 30 jours suivant l’opération.
Les chercheurs n’ont trouvé aucune différence entre les groupes en termes de caractéristiques de base, la durée chirurgicale ou de la durée de la circulation extracorporelle. L’exposition du patient aux anesthésiques intraveineux et volatils n’a pas été statistiquement ni cliniquement différente entre les groupes.
Le premier critère d’évaluation (durée de séjour en unité de soins intensifs d’au moins 48 heures ou de la mortalité dans les 30 jours suivant l’opération) a été noté chez 25% des patients qui ont été endormis avec le sévoflurane 30% de ceux ayant reçu l’isoflurane.
Une série de critères secondaires a été également étudiée et aucune différence significative n’a été noté entre les deux groupes: utilisation de vasopresseur, survenue de fibrillation auriculaire, accident vasculaire cérébral postopératoire, réadmission à l’USI…
« Vu que l’isoflurane est plus soluble que le sévoflurane (il nécessite pus du temps pour qu’il soit éliminé de l’organisme), certains anesthésistes craignent son utilisation car il peut retarder l’extubation » informe Dr. Jones. « Mais au moment de l’extubation, on a signalé aucune différence statiquement significative entre les deux groupes » ajoute-il.
Sous la lumière de ces résultats, les chercheurs recommandent à leurs collègues d’opter pour l’isoflurane car il est moins cher. Les résultats de l’étude ont été initialement déclaré lors de la réunion annuelle de la Société canadienne des anesthésistes  en 2015.
Néanmoins, il existe une variété de choix en produits anesthésiques lors d’une chirurgie cardiaque, et qui présentent tous pratiquement des avantages. « Il n’y a pas une seule recette que les spécialistes peuvent utiliser, » déclare Dr. Kent. « Un de mes collègues utilise le desflurane, qui est conçu pour les états d’urgences. De nombreux cliniciens ont tendance à effectuer une anesthésie purement intraveineuse. Personnellement, j’utilise un mélange d’anesthésiques intraveineux et d’halogénés, en raison des effets protecteurs des halogénés sur le myocarde et des effets neuroprotecteurs du propofol. » conclut-il

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