Le curcuma, l’épice aux milles vertus: scientifiquement prouvé

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Cousin du gingembre, le curcuma est de la famille des Zingibéracées. Connu sous le nom de «safran des Inde», le curcuma longaest est cultivé en Asie tropicale, en Afrique et aux Antilles.
Cette épice est utilisée depuis des milliers d’années dans la médecine ayurvédique et chinoise. Et ce n’est qu’en 1972[1], que les travaux sur le curcuma ont commencé. De nombreux scientifiques se sont penchés sur la contribution de la curcumine ou diféruloyl-méthane dans la lutte contre plusieurs maladies métaboliques, neurologiques et immunitaires.

Il y a un intérêt croissant pour la médecine à base de plantes. Des études scientifiques ont démontré les effets pharmacologiques bénéfiques de la curcumine. La curcumine est une épice jaune vive, dérivée du rhizome de Curcuma longa Linn. Il a été prouvé que la curcumine est une molécule très pléiotropique qui peut être un modulateur de voies de signalisation intracellulaires qui contrôlent la croissance cellulaire, l’inflammation et l’apoptose. La curcumine peut être un candidat potentiel pour la prévention et / ou le traitement de certaines maladies en raison de ses propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires et les activités d’un excellent profil d’innocuité.

Compositions du curcuma:

  • Les polyphénols, qui sont les curcuminoïdes: curcumine (50 à 60 %), déméthoxycurcumine etbisdéméthoxycurcumine
  • Huile essentielle à sesquiterpènes
  • Polysaccharides

Le secret des vertus prodiguées au curcuma, c’est sa curcumine. Une molécule très pléiotropique qui est un modulateur de voies de signalisation intracellulaires.

Les bienfaits du curcuma :

  • Prévention contre le cancer: des études épidémio-cliniques ont montré une faible prévalence du cancer du côlon dans les pays où la consommation du curcuma est importante [2]. En 2013, des chercheurs ont prouvé que le curcuma agit à trois niveaux: diminution de l’effet mutagène de certaines substances cancéreuses, un très bon acteur dans l’apoptose (mort cellulaire programmée) et un effet anti-angiogénique (agit contre la vascularisation de la tumeur).
  • Un très bon antioxydant: rien qu’en 2015, une dizaine d’étude sur l’activité anti-oxydante de la curcumine, chez des modèles murins, ont été publié sur l’inhibition de l’accumulation des protéines amyloïdes qui sont responsables des déficits cognitifs de la maladie d’Alzheimer ou encore de la sclérose en plaques[3, 4]. Grace à l’action de la curcumine sur la peroxydation lipidique, un taux élevé d’enzymes anti-oxydantes est maintenue et la production de certains radicaux libres est réduite.
  • Une activité anti-inflammatoire meilleure que celle de l’aspirine: en avril 2015, une équipe de chercheurs a montré que les curcuminoïdes inhibent la synthèse de la cyclo-oxygénase de type II (Cox2), enzyme responsable de la synthèse des prostaglandines inflammatoires[5]. De ce fait, les curcuminoïdes sont des anti-inflammatoires sans pour autant irriter le système digestif en comparaison à l’aspirine.
  • Action hépatoprotectrice, cholagogue et cholérétique: les curcuminoïdes induisent une augmentation de la sécrétion biliaire facilitant ainsi la digestion.De plus le curcuma active davantage les enzymes du foie responsables de la détoxication.
  • Action anti-ulcéreuse: les curcuminoïdes régulent aussi l’hyperacidité protégeant ainsi l’estomac contre les brûlures gastriques.

Comment l’absorber :

Les curcuminoides sont faiblement solubles dans l’eau, et parfaitement soluble dans la graisse. Due à ces critères, il est fortement conseillé de mélanger le curcuma à de l’huile vierge ou d’une manière plus traditionnelle aux plats cuisinés[6]. Le curcuma seul est mal absorbé par la muqueuse intestinale. Son absorption est multipliée s’il est associé au poivre.

Références:
[1] Srinivasan M. Effect of curcumin on blood sugar as seen in a diabetic subject. Indian journal of medical sciences 1972;26:269-70.
[2] Mohandas KM, Desai DC. Epidemiology of digestive tract cancers in India. V. Large and small bowel. Indian journal of gastroenterology : official journal of the Indian Society of Gastroenterology 1999;18:118-21.
[3] Rouhollahi E, Moghadamtousi SZ, Hajiaghaalipour F, Zahedifard M, Tayeby F, Awang K, et al. Curcuma purpurascens BI. rhizome accelerates rat excisional wound healing: involvement of Hsp70/Bax proteins, antioxidant defense, and angiogenesis activity. Drug design, development and therapy 2015;9:5805-13.
[4] Reenu J, Azeez S, Bhageerathy C. In vitro Antioxidant Potential in Sequential Extracts of Curcuma caesia Roxb. Rhizomes. Indian J Pharm Sci 2015;77:41-8.
[5] Shetty PS, Henry CJ, Black AE, Prentice AM. Energy requirements of adults: an update on basal metabolic rates (BMRs) and physical activity levels (PALs). European journal of clinical nutrition 1996;50 Suppl 1:S11-23.
[6] Cuomo J, Appendino G, Dern AS, Schneider E, McKinnon TP, Brown MJ, et al. Comparative absorption of a standardized curcuminoid mixture and its lecithin formulation. J Nat Prod 2011;74:664-9.

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