Le gouvernement français vise à empêcher les touchers pelviens sur les patients sous anesthésie générale sans leur consentement

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Dans le cadre de leur formation, les étudiants en médecine effectuent les touchers vaginaux et rectaux sur des patients endormis. Ceci est fait sans le consentement préalable explicite des patients. C’est la conclusion du rapport de la Conférence des doyens des facultés de médecine remis à la ministre de la santé en France, Marisol Touraine, mardi 27 octobre. La ministre a jugé le rapport très préoccupant et a condamné fermement ces pratiques « illégales » et « inacceptables », et a annoncé des mesures pour y mettre fin.

Une enquête diligentée a été mise en route, début février, après la publication sur les réseaux sociaux et dans la presse de documents non datés révélant que les étudiants en médecine de l’université Lyon-Sud apprenaient à pratiquer le toucher vaginal sur des patientes sous anesthésie générale.

5000 signatures ont été alors recueillis après le lancement d’une pétition qui dénonce cette pratique.

Le président du Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof), Jean Marty, affimait ainsi qu’il existe un accord « implicite » du patient à de tels touchers de la part de médecins en stages: « On n’a toujours pas fait de mannequin ayant la qualité d’un examen réel », explique-t-il.

Cependant, la Conférence des doyens a condamné fermement ces prises de position, et considère que cette pratique est « totalement contraires aux principes de l’éthique » qu’elle défend bec et ongles, « Aucun geste, examen clinique, acte de diagnostic ou de traitement, ne saurait etre réalisé sans l’information ou le consentement du patient ».

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Sébastien Foucher, le président de l’Association nationale des étudiants en médecine affirme que « La part de touchers réalisés sans consentement préalable n’est pas aussi élevée que l’indique l’enquête, et se situe plutôt entre 10 % et 15 %. Mais cela ne change rien au fait qu’il s’agit de pratiques inacceptables », ajoute-t-il aussitôt . Il incite à son tour à la fondation d’une « vraie réforme de la formation clinique » étant donnée que « le modèle d’une formation organisée sur le tas ne fait plus recette ».

De sa part, l’association Osez le féminisme a exprimé que « ce que d’aucuns banalisent comme une méthode de formation est en réalité un viol » et a souligné « la nécessité d’éradiquer les violences machistes dans le milieu médical ».

De son coté, la ministre de la santé a décider de lancer une nouvelle tâche d’inspection dans toutes les structures sanitaires dans le but approfondir les résultats de l’enquête. De même, une instruction va être envoyée aux directeurs des structures sanitaires accueillant des étudiants « pour leur rappeler leurs obligations légales, notamment en matière de droits des patients, et leur demander de veiller à leur complète application ».

Quant à l’apprentissage par simulation, il va être étudié voire développé, et la ministère espère qu’en 2017, tous les CHU soient occupés d’un centre de simulation en santé.

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