Progression de l’obésité: conséquence de la transition nutritionnelle

730

 

Un des marqueurs de la transition nutritionnelle en cours, étant l’afflux de l’obésité presque partout dans le monde, au point que l’OMS parle d’épidémie mondiale (WHO, 1998). La transition nutritionnelle a également été associée à une plus forte prévalence de l’obésité et du diabète non insulinodépendant (O’Dea, 1991; Popkin et al., 1996).

  110402_00x92_regime-poids-balance_sn420

 Obésité totale

Selon l’OMS, le surpoids et l’obésité sont définis comme une accumulation anormale ou excessive de graisse dans les tissus adipeux. Cet excédent de masse grasse présente des effets indésirables sur la santé. Au niveau mondial, le taux d’obésité a doublé depuis 1980 et touche les adultes comme les enfants (WHO, 2000). L’indice de masse corporelle (IMC), qui reflète la corpulence, est couramment utilisé pour estimer l’adiposité. L’IMC est égal au poids (en kilogramme) divisé par la taille (en mètre) au carré. Cette valeur permet d’estimer le niveau du tissu adipeux et plus particulièrement le tissu adipeux sous-cutané (Brambilla et al., 2006). Il est utilisé par l’OMS pour estimer la sévérité du surpoids et de l’obésité dans les populations (WHO, 2004a).

BMI-female-fr

A la différence de l’adulte, chez l’enfant, on ne dispose pas d’une définition épidémiologique en fonction du risque de morbidité, mais d’une définition statistique, vu que les seuils de l’obésité fluctuent en fonction de l’âge.

Chez les enfants d’âge préscolaire, le surpoids et l’obésité sont définis par un z-score de l’IMC pour l’âge supérieur respectivement à 2 et à 3 (WHO, 2006). Chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents, le surpoids est défini par un z-score de l’IMC pour l’âge supérieur à 1 et un z-score supérieur à 2 définit l’obésité chez eux (de Onis et al., 2007).

Obésité abdominale

La distribution régionale de la masse grasse a une importance capitale dans l’évaluation du risque que peut présenter l’obésité dans l’identification des risques métaboliques. L’obésité abdominale accrue revêt une importance particulière puisqu’elle présente un facteur de risque accru pour les désordres cardio-métaboliques (Daniels et al., 1999).

Elle est particulièrement inquiétante, étant donné qu’elle est associée à des risques plus notables qu’une répartition plus périphérique de la masse graisseuse (WHO, 2000). Caprio et ses collaborateurs laissent entendre que la résistance à l’insuline chez l’enfant est fortement associée à l’obésité abdominale (Caprio et al., 1995). Il a été admis que les comorbidités liées à l’obésité sont plus étroitement associées à l’adiposité abdominale qu’à la quantité de graisse totale (Bluher et al., 2013).

L’IMC est largement utilisé pour surveiller la prévalence de l’obésité, cependant il ne fournit aucune information sur la répartition de la graisse corporelle. Certaines études ont constaté que les mesures de l’obésité abdominale, principalement, le tour de taille, le rapport tour de taille sur tour des hanches, et plus récemment, le rapport du tour de la taille sur la taille, sont plus étroitement liés à la mortalité et la morbidité des maladies cardiovasculaires que l’IMC (Yusuf et al., 2005; Coutinho et al., 2011).

La mesure du tour de taille est le meilleur indice de la répartition de graisses (Daniels et al., 2000). En 1995, On a suggéré que le tour de taille pourrait être un bon indicateur de l’obésité abdominale et qui pourrait être utilisé dans le but d’évaluer les risques associés à l’accumulation de la masse grasse au niveau de cette région du corps (Lean et al., 1995).

Chez l’adulte, le tour de taille est mesuré et ajusté en fonction du sexe. Cependant, chez les enfants et les adolescents, l’ajustement en fonction de l’âge est nécessaire en raison de la croissance et du développement physiologique que connait l’organisme au cours de cette période (Schwandt, 2011). Un tour de taille supérieur aux 90èmes percentiles, est estimé comme élevé et peut nuire gravement à la santé de l’enfant (Freedman et al., 1999).

 Situation dans le monde

Tout semble indiquer aujourd’hui que l’obésité infantile est considérée comme une épidémie dans certaines régions et en cours d’exacerbation dans d’autres. On estime que 17,6 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surpoids dans le monde entier (WHO, 2004b). En 2013, environ 42 millions d’enfants appartenant à la même classe d’âge présentaient un surpoids : en fait, 10 millions d’enfants qui présentent un surpoids, vivent dans des pays développés et plus de 30 millions vivent dans des pays en développement (OMS, 2015). En termes de décès attribuables, cette explosion épidémique présente le 5ème facteur de mortalité dans le monde. L’obésité est incriminée avec le surpoids dans 5 % des décès (WHO, 2009).

Conséquences de l’obésité

A l’échelle mondiale, la prévalence de l’obésité chez les enfants est en forte progression (Ginsberg-Fellner et al., 1981; Martorell et al., 2000) et la graisse superflue est considérée comme un facteur sous-jacent pour le développement de l’hyperlipidémie, l’hypertension, l’hyper-insulinémie et l’athérosclérose (Berenson et al., 1998). Ce sont tous des facteurs à haut risque qui entraînent l’apparition des premiers marqueurs des maladies cardiovasculaires, de la résistance à l’insuline et des problèmes psychologiques (OMS, 2015). Ces effets résultent de deux facteurs: l’augmentation de masse de tissu adipeux et la sécrétion accrue de produits pathogènes par les cellules graisseuses (Bray, 2004). En outre, l’obésité infantile est liée à un risque accru de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte (OMS, 2015).

obesiteH

Généralement, les enfants obèses sont destinés à devenir des adultes obèses, c’est pourquoi, il a été convenu de prévenir l’obésité infantile (Guo and Chumlea, 1999). Cette dernière est associée à des conséquences mécaniques et métaboliques qui conduisent à de nombreuses maladies chroniques. Les deux principales complications mécaniques comprennent des problèmes orthopédiques et le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (Loke, 2002).

Laissez un commentaire