Faut-il éviter les calmants avant une anesthésie?

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La prémédication consiste en l’administration de médicaments (anxiolytique) avant une anesthésie, afin de sédater le patient, d’alléger l’état d’anxiété, ou de minimiser les effets secondaires de l’anesthésie.

DERMATOLOGIC SURGERY Reportage in a dermatology practice in Geneva, Switzerland. The dermatologist removes a cyst, helped by his assistant. AMELIE-BENOIST / BSIP

Une étude récente a révélé que la prise d’anxiolytique en pré-anesthésie ne minimise pas la sensation de la douleur. Elle risque même de retarder le réveil.

Les chercheurs ont montré que l’administration de sédatif avant une anesthésie est néfaste contrairement à ce qu’on pensait. En fait, une étude qui a été menée auprès d’un millier de patients avant une intervention chirurgicale.dans différents hôpitaux français (Marseille, Montpellier, Nîmes, Nice), a fournit des données probantes montrant que cette pratique favorise la survenue de complications lors du réveil et rallonge le temps d’hospitalisation.

Ce travail publié le 3 Mars 2015 dans la revue JAMA (The Journal of the American Medical Association) a été réalisé auprès de trois échantillons de 354 patients :

– le premier échantillon a reçu 2,5 mg de lorazépam (Témesta);

– le deuxième échantillon a eu droit, sans le savoir, à un placebo;

– le troisième échantillon n’a reçu que les anesthésiants préopératoires.

Les résultats obtenus ont montré qu’il n’existe aucune différence significative entre les 3 groupes en matière de sensation de douleur liée à la chirurgie. Cependant, chez les patients ayant reçu le lorazépam, le délai entre la fin de l’anesthésie et l’extubation était significativement allongé de 5 minutes. De même, les patients de cet échantillon ont tardé à récupérer leurs fonctions cognitives (40 minutes après la chirurgie): 51 % ont retrouvé toutes leurs aptitudes contre 64 % dans le troisième échantillon (ne recevant aucun sédatif) et 71 % dans le second groupe (recevant le placebo).

En revanche, les auteurs proposent qu’une prise en charge la veille de l’intervention, peut toujours être mise en place pour les patients les plus anxieux.

Cette étude entre dans le cadre des recommandations officielles visant à réduire la consommation des benzodiazépines pouvant entraîner la dépendance et pouvant même être à l’origine de maladies neurodégénératives à savoir l’Azheimer.

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